Le lac de Monteynard-Avignonet est une retenue artificielle de 657 hectares. Il est formé par le barrage EDF du même nom sur le Drac, à une trentaine de minutes au sud de Grenoble en Isère. Deux passerelles himalayennes gratuites, longues de 220 et 180 mètres, franchissent les gorges du Drac et de l’Ebron à l’extrémité du lac. Elles expliquent l’essentiel de sa notoriété récente, aux côtés d’un plan d’eau réputé pour son vent et ses sports de glisse.
La baignade y est interdite sur toute la surface, par arrêté préfectoral. Cela distingue Monteynard des lacs de loisir classiques de la région. Les activités se concentrent donc sur la voile, le paddle, la pêche et la randonnée. La traversée en bateau complète le tableau: elle permet de relier les deux rives et de boucler le tour des passerelles.
Localisation et dimensions
Le lac s’étend entre le Trièves et la Matheysine. Il touche plusieurs communes, dont Avignonet, Monteynard, Treffort, Mayres-Savel et Sinard. Il occupe le fond des gorges du Drac et de l’Ebron, deux cours d’eau qui se rejoignent dans la retenue et lui donnent une forme de Y inversé.
Les longueurs annoncées pour le plan d’eau varient d’une source à l’autre. La fiche technique du barrage évoque 16 kilomètres pour le bras principal du Drac. L’office de tourisme du Trièves parle de 20 kilomètres pour l’ensemble du lac. Une fiche généraliste indique de son côté 10 kilomètres. L’écart correspond sans doute à des conventions de mesure différentes, bras additionnés ou distance à vol d’oiseau. Aucune des pages consultées n’indique sa méthode de calcul. La question reste donc ouverte plutôt que tranchée.
Un barrage EDF derrière le paysage
Le barrage de Monteynard-Avignonet a été mis en service en 1962. C’est un barrage voûte en béton, haut de 135 mètres et long de 230 mètres. EDF l’exploite pour produire de l’électricité, avec une puissance installée de 360 mégawatts. Sa retenue emmagasine environ 309 millions de mètres cubes d’eau sur un bassin versant de 2050 kilomètres carrés.
Le niveau de l’eau dépend directement de la demande en électricité. EDF turbine davantage aux heures de pointe et lâche donc plus d’eau. La cote du lac baisse, puis remonte quand la demande retombe. À débit maximal et sans nouvel apport, la retenue pourrait théoriquement se vider en neuf jours. Le chiffre renseigne surtout sur la puissance des vannes et non sur un scénario réel.
Pourquoi la hauteur des passerelles varie
Les fiches touristiques répètent toutes la même formule: une hauteur de 45 à 85 mètres selon le niveau de l’eau. Rares sont celles qui expliquent pourquoi ce niveau bouge à ce point. La réponse tient au fonctionnement du barrage décrit plus haut. Le marnage de Monteynard suit les appels de puissance d’EDF et non un cycle saisonnier fixe, à la différence d’un lac naturel régulé surtout par les précipitations.
L’amplitude de 40 mètres entre le point bas et le point haut représente environ 30% de la hauteur totale du barrage, qui culmine à 135 mètres. Le lac peut donc perdre près d’un tiers de sa hauteur exploitable en quelques semaines. Cela explique pourquoi les photographies du site changent autant d’un mois à l’autre. Eau turquoise et rives noyées après une remontée. Berges de vase exposées en période de forte production.
Pourquoi la baignade est interdite partout
Contrairement à la plupart des lacs de barrage ouverts à la baignade surveillée en été, Monteynard l’interdit sur toute sa surface par arrêté préfectoral. Trois mécanismes se conjuguent. Le fonctionnement des turbines peut créer des courants et faire varier le niveau de plusieurs mètres en quelques minutes, sans signe visible depuis la rive. L’eau reste froide même en plein été, parce qu’elle provient des profondeurs de la retenue plutôt que d’une couche de surface réchauffée: le risque d’hydrocution est réel. La densité de bateaux à moteur et de pratiquants de glisse rend enfin la cohabitation avec des nageurs dangereuse, sur un plan d’eau balayé par un vent soutenu.
La plage de Mayres-Savel illustre cette logique. Elle offre parking, jeux pour enfants et zones ombragées. Aucun accès à l’eau n’y est pourtant toléré: l’arrêté s’applique au lac entier, pas à des zones ciblées.
Les passerelles himalayennes en chiffres
| Passerelle | Longueur | Largeur | Hauteur |
|---|---|---|---|
| Drac | 220 m | 1,20 m | 45 à 85 m |
| Ebron | 180 m | 1,20 m | 45 à 85 m |
Construites en 2007, les deux passerelles totalisent 400 mètres de tablier pour 1200 mètres de câbles. Cela représente environ trois mètres de câble par mètre de passage. Cette proportion tient au nombre de haubans nécessaires pour stabiliser une travée aussi longue et aussi haute contre le vent.
La structure du Drac supporte une charge maximale annoncée de 800 personnes réparties sur sa longueur, soit une personne tous les 27 centimètres environ. En appliquant la même limite à la passerelle de l’Ebron, plus courte de 40 mètres, l’espacement théorique tombe à 22,5 centimètres. La consigne de garder plusieurs mètres entre marcheurs répond donc moins à un risque de surcharge qu’à un phénomène de résonance. Des pas synchronisés sur une structure souple amplifient l’oscillation. C’est ce même effet qui avait rendu tristement célèbre la passerelle du Millénaire à Londres, fermée trois jours après son inauguration en 2000.
La traversée en bateau avec La Mira
Le bateau La Mira relie l’embarcadère de Treffort à celui de Mayres-Savel. Il permet de boucler le tour des passerelles sans revenir sur ses pas. En 2026, la traversée coûte 8 euros par adulte. La présence d’un chien ou d’un vélo à bord porte le tarif à 10 euros. Les enfants de moins de quatre ans embarquent gratuitement. La réservation est obligatoire en ligne, aucune place n’étant vendue sur le ponton.
Le service ne fonctionne pas toute l’année. La navigation se concentre globalement entre mai et septembre. Mieux vaut donc vérifier le calendrier avant de partir, plutôt que de compter sur une traversée hors saison.
Le tour complet, à pied ou en VTT
La boucle qui enchaîne les deux passerelles et la traversée en bateau totalise environ 12,5 kilomètres, pour un dénivelé positif proche de 400 mètres. Comptez de trois à quatre heures et demie à pied selon le rythme. En VTT, sur les portions qui l’autorisent, comptez environ deux heures et demie. Le seul passage exigeant se situe après la première passerelle: une montée d’un kilomètre et demi à 11% de pente. Le reste du parcours reste accessible à un marcheur habitué.
Aucun point d’eau potable n’existe sur la majeure partie du tracé, à l’exception d’une fontaine à mi-chemin entre les deux passerelles, sur la commune de Lavars. Emporter assez d’eau et un repas reste indispensable: la traversée en bateau ne dessert aucun commerce.
Pêche, voile et sports de glisse
Un vent thermique régulier souffle dans la partie centrale du lac, presque tous les jours de l’année. Cela en fait un spot recherché pour la planche à voile, le kitesurf et le wingfoil. Les bases nautiques de Treffort et de Mayres-Savel, ouvertes tous les jours du 1er mai au 30 septembre, louent le matériel et encadrent les débutants.
La pêche attire aussi de nombreux pratiquants. Le brochet figure parmi les prises recherchées sur ce plan d’eau riche en espèces. Pour les personnes à mobilité réduite, le lac dispose d’un voilier collectif adapté, l’Echo 90. Plusieurs associations locales le proposent à la réservation en saison estivale.
Accès, parkings et tarifs
Depuis Grenoble, comptez environ trente minutes de route jusqu’aux abords du lac. Depuis Lyon, comptez près d’une heure et demie. Deux pôles d’accès structurent le site: Treffort côté Matheysine et Mayres-Savel côté Trièves. Chacun a son propre parking et sa base nautique.
| Parking | Semaine | Weekend et jours fériés | Période payante |
|---|---|---|---|
| Treffort | 3,50 € | 5 € | 1er mai au 30 septembre |
| Mayres-Savel | gratuit (250 places) | gratuit | sans objet |
Le stationnement du week-end coûte donc environ 43% de plus que celui de la semaine à Treffort. L’écart vise sans doute à étaler la fréquentation plus qu’à financer directement le site. Le stationnement est interdit entre 1h et 4h du matin sur les deux parkings, tout comme le camping sauvage. Les camping-cars n’y sont tolérés que de jour.
Quand y aller
La période de mai à septembre concentre l’essentiel des services: bases nautiques ouvertes, bateau La Mira en fonctionnement, parkings payants donc surveillés. Les passerelles, elles, restent accessibles gratuitement toute l’année. Cela permet une randonnée hors saison, à condition d’accepter l’absence de traversée en bateau et de composer avec un aller-retour depuis un seul côté.
La couleur du lac dépend moins de la saison que du niveau d’eau et de la météo du moment. Turquoise par beau temps et niveau haut. Gris acier après la pluie ou lors d’une vidange partielle. Consulter le niveau du barrage avant de partir donne une meilleure indication que le simple calendrier.
Ce qui n’est pas vérifiable depuis les sources disponibles
La longueur exacte du lac, on l’a vu, varie selon les pages consultées, sans qu’aucune ne précise sa méthode de mesure. La qualité bactériologique de l’eau est suivie par les autorités sanitaires, bien que la baignade soit interdite partout. Le suivi couvre sans doute les usages nautiques et le point d’eau du sentier, mais la raison précise n’apparaît sur aucune des pages consultées. Ces deux points restent donc ouverts plutôt que tranchés par approximation.