Sinard naturisme désigne un site non officiel sur la rive gauche du lac de Monteynard, en Isère, entre les communes d’Avignonet, Sinard et Treffort. Ce n’est pas une plage aménagée. Elle n’est classée par aucun arrêté municipal. La pratique y est tolérée depuis plusieurs années par les naturistes de la région grenobloise, sans déclaration de la mairie.
Deux points changent la lecture du lieu. D’une part, son statut juridique reste fragile car rien ne protège formellement la nudité à cet endroit, à la différence d’une plage naturiste reconnue. D’autre part, la baignade elle même y est interdite par arrêté préfectoral sur l’ensemble du lac. Cette règle ne dépend pas de la tenue vestimentaire et s’applique donc aussi à ce site précis.
Un site toléré, pas une plage officielle
La commune de Sinard compte 719 habitants selon le recensement de 2022, l’un des plus petits villages du Trièves. Le site officiel de la mairie, consacré à la vie communale et au patrimoine local, ne mentionne aucune zone naturiste. Au Cap d’Agde ou à Vendays-Montalivet, un arrêté municipal délimite explicitement l’espace réservé. Rien de tel à Sinard. La plage repose sur un usage constaté par les pratiquants, sans texte qui le consacre.
Ce que change l’absence d’arrêté
Le code pénal ne punit pas la nudité en elle même. L’article 222-32 vise l’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible au public. La jurisprudence distingue les deux notions depuis un arrêt de la cour d’appel de Douai, en 1989. La simple nudité, sans attitude provocante, n’entre pas dans le champ du délit. Sur une plage officielle, un arrêté municipal transforme cette tolérance en cadre stable et affiché. Sur un site non déclaré comme celui ci, la même nudité reste couverte par la même jurisprudence. Mais rien n’empêche un maire de faire évoluer la situation si des plaintes se multiplient. La tolérance vient d’un usage, pas d’un texte. Elle peut donc se durcir sans préavis.
Une réputation qui pèse sur ce statut fragile
Plusieurs témoignages publiés sur des forums et guides naturistes décrivent ce coin du lac comme fréquenté aussi pour des rencontres. Des dérives à caractère sexuel y ont été observées certaines saisons. Ce point rejoint directement le paragraphe précédent. Les débordements et les dérives sexuelles figurent parmi les motifs qui permettent à une municipalité de restreindre une tolérance naturiste sur son territoire. Un comportement isolé peut donc peser sur l’ensemble des usagers du site, pas seulement sur son auteur.
Qui gère le lac et avec quels moyens
Le lac de Monteynard est un plan d’eau artificiel, créé par un barrage dont l’exploitation a été autorisée par le préfet de l’Isère le 24 juillet 1897. Le Sivom du lac de Monteynard Avignonet, syndicat créé en 1963 à la mise en eau, regroupe aujourd’hui dix communes riveraines. Il n’a pas de pouvoir de police propre et s’appuie sur quelques gendarmes pour faire respecter les règles. Une chambre régionale des comptes a jugé son dispositif d’alerte insuffisant, trop dépendant de la présence humaine sur les rives, alors que jusqu’à mille personnes peuvent se trouver simultanément sur l’eau en pleine saison.
La baignade interdite sur tout le lac
Un arrêté préfectoral interdit la baignade sur toute la surface du lac de Monteynard. Une tolérance existe, limitée à une dizaine de mètres du bord, pour les personnes qui ont pied. Cette règle s’applique à la plage de Sinard comme au reste du plan d’eau, indépendamment de toute question de tenue vestimentaire.
Pourquoi le barrage rend l’eau dangereuse
Le fonctionnement des turbines fait varier le niveau et le courant en quelques minutes, sans signal visible depuis la rive. L’eau reste froide même en plein été, ce qui expose au risque d’hydrocution. S’ajoute une navigation dense de bateaux, de planches à voile et de kitesurfs sur cette portion du lac. Le 15 août 2025, un homme de 23 ans s’est noyé après avoir sauté dans l’eau. C’est l’un des incidents recensés par la gendarmerie cet été là.
Se baigner en sécurité, ailleurs sur le secteur
Pour qui cherche avant tout à nager, des guides locaux orientent plutôt vers les lacs de Petichet et de Laffrey, plus au nord ou vers le lac du Sautet, plus au sud. Ce sont des plans d’eau où la baignade est autorisée et surveillée en saison, à la différence de Monteynard. Ce détail ne concerne pas la nudité, seulement la sécurité et il vaut d’être connu avant de choisir sa destination pour la journée.
Le camping naturiste du Courtialet, à Avignonet
À environ deux kilomètres, sur la commune voisine d’Avignonet, le camping associatif Le Courtialet complète le tableau. Il appartient au Club du Soleil de Grenoble, une association naturiste et reste réservé aux pratiquants munis d’une carte FFN ou INF. Ouvert de la mi mai à la mi septembre, il propose une trentaine d’emplacements, une piscine et un accès visiteur à la journée. Les avis disponibles en ligne restent positifs. Aucun signalement de litige ni de pratique commerciale douteuse n’a été relevé lors de la vérification faite pour cet article.
Ce qu’une visite à la journée coûte réellement
Le tarif 2025 du camping affiche 12 euros par jour et par adulte, plus 1 euro de ticket fédéral pour qui n’a pas de licence FFN. Un couple sans licence paie donc 26 euros la journée. Un couple déjà licencié à la FFN ou à l’INF en paie 24. L’écart de 2 euros par jour et par couple se cumule vite sur un séjour de plusieurs jours. C’est un calcul que la fiche du camping ne fait pas elle même et il mérite d’être comparé au coût d’une licence avant de partir.
L’accès à la plage
Aucun panneau officiel ne signale la plage naturiste depuis la route. L’approche se fait à pied depuis les hauteurs d’Avignonet ou de Sinard, sur un sentier qui n’est pas balisé pour cet usage. Les guides naturistes locaux recommandent de repérer l’itinéraire à l’avance plutôt que de compter sur une signalisation qui n’existe pas.
Ce qui reste incertain
Rien d’officiel ne confirme l’existence, ni la date, d’une éventuelle décision municipale de Sinard sur la question naturiste. Le niveau du lac varie selon la gestion du barrage par EDF. Les données rassemblées ici datent de l’été 2025 et du printemps 2026. Elles ne remplacent pas une vérification sur place avant une sortie. La localisation précise de la plage n’est pas reprise ici, faute de source officielle vérifiable. Un repérage sur le terrain reste nécessaire.